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La collégiale

La collégiale de Montrésor

Imbert de Batarnay, sentant la mort venir, décida de la fondation d’un collège de chanoines … à Bridoré. Mais soudainement, il changea d’avis, et la voulut à Montrésor, à proximité de son château. 1519 est la date à retenir pour la décision seigneuriale et la signature des lettres patentes royales pour l’autorisation. Comme collégiale, elle est donc en première destination mausolée, munie d’un chapitre, et ne sera instituée église paroissiale qu’en 1700.

Placée sous la protection de St Jean-Baptiste (patron d’Imbert), elle mesure 34 mètres de long sur 8,70 de large, et est haute de 10 mètres et est en forme (assez rare) de croix de Lorraine, hormis la chapelle Notre Dame de Lorette. Les travaux avancent vite, mais pas suffisamment pour qu’Imbert voie son achèvement. Il meurt en 1523, et les ennuis successoraux font ajourner la finition de la collégiale. Cependant, son petit-fils René et son épouse Isabeau de Savoie reprennent le chantier à leur compte, et l’église sera consacrée en 1532.

Extérieurs : sur la façade, de nombreuses sculptures, dont des médaillons du fondateur et de son épouse ; un rare portrait en relief de François Ier, de Soliman le Magnifique. Les quatre évangélistes avec leurs attributs, et curieusement, St Jean-Baptiste au milieu (à la place du Christ, comme d’habitude). Décor très Renaissance avec de nombreuses allusions à la Réforme débutante : plumes, écrits, mais aussi selon le goût du temps des rubans, et des anges (alors que les protestants ont peu de dévotion pour ces derniers). Quatre prophètes de l’Ancien Testament, un portement de Croix, un Christ au mont des Oliviers.

Les statues manquantes ou dégradées sont une conséquence de la Révolution. On ne peut avoir de certitudes sur les objets ou personnages représentés.

Au centre, un pilier qui n’est pas d’origine (on le trouve à l’intérieur même de l’église, à côté du baptistère). Abîmé, il a été remplacé lors d’une restauration.

Entrée par la petite porte latérale : elle est très ornée de médaillons représentant des épisodes de la vie du Christ liés au Rosaire, au milieu d’arabesques. Une frise sculptée entoure tout l’édifice.

Le tombeau des Batarnay : il était à l’origine au milieu du choeur (la faible marche qui sépare l’église en deux signale l’existence antérieure d’un jubé). Largement mutilé en 1793, il avait quasiment disparu, et fut placé à l’entrée lors de la restauration du XIXème. C’est un carré de 2,30 mètres de côté, et haut d’environ 1 mètre. Une dalle d’ardoise supporte les gisants d’Imbert, de son épouse Georgette de Montchenu et leur fils François.

La Chapelle de la Vierge (à ne pas confondre avec la Chapelle Notre-Dame de Lorette, qui fait office de sacristie) : elle accueille une statue de la Vierge, ainsi qu’une rare calotte de Saint Jean-Paul II.

En face, la chapelle St Roch : statues du saint en terre cuite du XVIème, une autre, donnée par le comte Branicki (St Roch protège de la peste, qui a été présente jusqu’au début du XVIIIème dans la contrée), et un tableau anonyme de saint Blaise, rappelant l’activité des Cardeux à Montrésor (il est patron des tisserands). Un retable ancien a été coupé en deux.

Un petit couloir amène à une chapelle qui est actuellement occupée par l’orgue, et où l’on remarque un portrait de Saint Stanislas Kosta, jésuite polonais. Le plafond est en caissons, et représente une vision du paradis, avec des anges musiciens. Noter une statue du patron de la collégiale, St Jean-Baptiste.

Dans la chapelle qui fait pendant à la précédente, un tableau de Philippe de Champaigne : l’Annonciation, restauré par les ateliers du Louvre en 2002. Il provient, comme les autres toiles importantes de la collégiale (dans la nef), de la collection Fesch, oncle de Napoléon 1er et grand amateur éclairé. Ces dernières sont de l’école italienne du XVIème, elles représentent un Christ devant Pilate, une Flagellation, une Déposition de Croix, et une Résurrection. Elles mériteraient une restauration, ou tout au moins un nettoyage, mais l’entreprise est d’une grande ampleur et nécessite de gros moyens financiers.

Les vitraux : si l’on remarque immédiatement que nombre d’ouverture ont été murées, il subsiste toutefois deux ensembles verriers remarquables. Cependant, ils ont été très abîmés à la Révolution. Des fragments restants plus ou moins importants ont été remis en place au XIXème siècle, avec des morceaux de facture moderne, permettant de reconstituer l’ensemble tels qu’ils devaient apparaître.

Celui du chevet retrace la Passion. Détail intéressant : les hommes de bonne volonté sont chaussés de bleu : Pilate, Simon de Sirène, le légionnaire … Un démon recueille l’âme du mauvais larron, un ange celle du bon. La vivacité des coloris est grande.Celui qui surplombe l’entrée présente St Pierre, St Jean l’Evangéliste et St Jean-Baptiste.

La Collégiale est inscrite aux Monuments historiques depuis 1840 (première liste).